titremb.gif (38974 octets)

La bière je la connais. Un peu comme Obélix tombé étant petit dans le chaudron renfermant le liquide qui lui donne une force éternelle, dés le plus jeune âge je fus imprégné d’une culture «biere » car aussi bien dans la famille de mon père que de celle de ma mère on brassait de la bière, on était brasseur depuis plusieurs générations. J’ai également épousé une fille de brasseur. Leurs brasseries n’étaient pas de grandes industries et non jamais lancées de grands noms de biere, mais leurs bières servies localement comme les bières des 1.200 brasseries du Nord de la France au début du 20éme siècle avaient la faveur des assoiffés qui aimaient la biere.

Car dans le Nord Pas de Calais on appréciait la biere. La clientèle était besogneuse, les industries textiles et les charbonnages donnaient du travail à tout le monde et après le dur labeur, la biere coulait à flot. Les nombreuses brasseries écoulaient facilement leurs bières et subsistaient bien.

Il faut dire aussi qu’à cette époque ou l’automobile en était à ses premiers balbutiements, les voyages étaient trop chers et inexistants, la télévision encore dans les limbes, la distraction principale était l’estaminet ou l’on se retrouvait en famille, entre amis et ou les jeux de société étaient légion. Les licences n’existaient pas, ni les fonds de commerce. Pour écouler leurs bières les brasseurs ouvraient facilement des cafés ou ils plaçaient des gérants libres. Plus le brasseur possédait de cafés, plus il avait de chances d’écouler sa biere ; car vous l’avez compris, le café était une des principale distraction de l’époque. On y buvait très peu de vin, mais beaucoup de biere et de genièvre, un alcool de grains de la région du nord.
mb99.jpg (20434 octets)Ce fut autre chose après la première guerre mondiale de 14/18 pendant laquelle les cuivres des brasseries furent «convoitées » par l’occupant pour en faire des obus. Ce cuivre qui avait servi à brasser une bonne biere et réjouir son consommateur servira bientôt à tuer
ces mêmes consommateurs.

La deuxième guerre mondiale 39/45 vit la démolition de nombreuses brasseries. Devant l’amplitude de la tâche pour reconstruire de nouvelles brasseries et devant le coût de cette reconstruction, la brasserie étant ce qu’on peut appeler une industrie lourde, beaucoup de brasseurs n’ont plus fabriqué de biere et n’ont pas reconstruit leur brasserie dévastée. D’autant plus que le modernisme avançant à grands pas aidé par de nouvelles technologies devenait un dévoreur de capitaux.

mb393.jpg (18617 octets)Les brasseries les plus importantes sont restées. A ce jour en 1997 elles fabriquent des bières passe-partout qui se boivent partout. Le «buveur de biere » qui ne recherche que le rafraîchissement avalera cette biere sans y réfléchir, sans même y prendre grand plaisir, cette biere au goût souvent neutre et banalisé. Ce buveur de biere qui n’est généralement pas un connaisseur boira sa biere sans y réfléchir, sans savoir comment est brassée sa biere, quels sont les composants de sa biere et les vertus gustatives de celle-ci. Bien heureusement les «connaisseurs » de biere ceux qui apprécient ce noble breuvage trouvent encore parmi les nombreuses brasseries indépendantes qui se recréent un peu partout mais surtout dans le Nord de la France des bières dignes de ce nom, avec un caractère particulier pour chaque biere ce qui les différencie des autres.

Ce ne sont pas des « petites bières » et le terme biere trouve ici toute sa signification. Ces bières sont uniquement brassées avec du Malt d’Orge, du Houblon, de la Levure sans naturellement oublier l’Eau qui rentre pour environ 70% dans l’élaboration de la biere.
Restant chauvin, je ne m’attache dans ce propos qu’aux bières du Nord de la France qui sont une centaine brassées par environ 20 brasseries en 97. Elles élaborent des bières qui n’ont rien a envier aux bières brassées dans d’autres pays à profusion comme en Belgique véritable paradis de la biere. Dans le Nord de la France, il faut reconnaître que pour la biere nous sommes plus belges que français.

Il convient ici d’admirer le courage de ces nouveaux brasseurs animés de la foi en leur biere et qui souvent après bien des tâtonnements, des erreurs, des découragements ont réussi à sortir une «bonne biere » originale faite de flaveurs, de saveurs à nulle autre biere pareille. Bien souvent malheureusement ces brasseurs ayant déjà bien de l’occupation pour dorloter leur biere ont bien du mal à la commercialiser. Devant le matraquage des bières des grands groupes, les petits brasseurs ne peuvent suivre car pour vendre leur biere il faut bien évidemment montrer sa biere, faire goûter sa biere, faire apprécier sa biere.

Ces nouveaux brasseurs sont rarement des hommes de terrain, des «commerciaux ». Ce sont de bons techniciens, amoureux de la biere, mais rarement de bons vendeurs. C’est pour cela que j’insiste beaucoup pour vendre leurs bières, car ces bières là méritent qu’on parle d’elles.
Nous contacter > contact
Comment commander ? > comment commander ?
Retour Menu > menu